Le chien réactif #1 – Mieux le comprendre

Cette semaine nous vous proposons une série d’articles sur la réactivité ! Une expression que nous entendons de plus en plus souvent, mais qui reste paradoxalement, un concept très nébuleux pour beaucoup d’entre nous.

Notre objectif ? Vous aider à mieux la comprendre et vous donner quelques conseils à appliquer d’ors et déjà chez vous et en extérieur afin d’améliorer le quotidien de votre chien. Et surtout tenter de changer votre vision de la réactivité, car promis, elle n’est pas une fatalité !

La réactivité, ce terme galvaudé

Aujourd’hui l’expression « chien réactif » est de plus en plus courante. Il y a quelques année on préférait qualifier les chiens qui se sur-réagissait de « dominant », « agressif », ou encore « asocial ». Le terme de « réactif » semble donc plus approprié puisqu’il fait référence à un comportement (= réaction face un stimulus X ou Y) et non à une « personnalité« . Il permet ainsi de ne pas coller une étiquette au chien, ou de l’enfermer dans une situation donnée.

Cependant je croise de plus en plus de personnes définissant, dès les premières phrases, leur chien comme « réactif ». J’ai d’ailleurs longtemps considéré vivre avec ce genre de chiens lorsque j’ai rencontré Némo et Kazu.

Et pour cause : la vie avec des chiens dits « réactifs » n’est pas toujours une mince affaire !
Les regrouper sous cette appellation nous permet probablement de nous sentir moins seul. Mais surtout elle facilite considérablement la recherche de solutions. Un peu comme si nous étions amenés à vivre avec une race de « travail » et que nous étions en quête de conseils pour répondre au mieux à ses besoins.

Le chien réactif aurait donc ses spécificités et il faudrait l’aborder d’une certaine manière.

Et pourtant… TOUS LES CHIENS sont réactifs !

La réactivité c’est quoi au juste?

Eh oui ! Les chiens qui ne sont (ou n’ont jamais été) pas réactifs sont probablement décédés ! Car exprimer son mécontentement, sa frustration, et réagir à son environnement sont des comportements normaux et même vitaux dans certaines situations.

Bon, je ne vais pas jouer sur les mots plus longtemps et vous affirmer qu’il n’existe pas de définition propre à la réactivité, mais je tenais à faire ce petit apparté pour vous montrer à quel point il est aujourd’hui, à mon sens, essentiel de porter un regard nouveau sur la réactivité. 
En l’envisageant différemment (et surtout mieux!) nous éviterons d’y projeter des choses fausses 
(ou très personnelles) et nous pourrons mettre en place de nouveaux (et meilleurs) moyens de la traiter.

La définition la plus communément admise est donc :
Réactivité = une trop forte réaction face à un stimulus (selon Emma Parsons – Cliquer pour calmer)

Mais attention, cette définition n’inclue que l’humain ! C’est NOUS (et nous seuls!) qui considérons que cette réaction est trop forte (pas notre chien). Cette perspective laisse donc énormément de place à la subjectivité.

Une bonne connaissance de notre compagnon et une lecture globale de ce dernier (quel comportement adopte t’il avant de se déclencher, pendant le déclenchement, et après ? etc) nous indiqueront s’il est important ou non de traiter. Car non, toutes les réactivités ne se valent pas 😉

Quelles peuvent-être ses origines?

On considère généralement qu’il existe quatre causes à la réactivité d’un chien :

  • La peur
  • La frustration
  • La prédation
  • « L’adolescence »

La peur

Cette dernière peut être due à :

  • Un manque de socialisation
  • La génétique
  • De mauvaises associations
  • La généralisation d’un épisode de peur

Comment reconnaitre ce type de réactivité ?  (Cette liste est non exhaustive)

  •  Langage corporel : Le corps du chien est tendu, il prend une posture haute et fixe, avec rides au niveau du front, et une gueule verrouillée. Les bruits qu’il émet sont roques. La queue peut aussi remuer mais de manière très saccadée, ou au contraire elle est très figée, vers le haut. Les fessent ne remuent d’ailleurs pas en même temps que la queue. Le chien peut aussi avoir la crête du dos totalement dressée.
  • Situation à risque pour lui : Il n’aime habituellement pas les contacts avec les autres chiens (il est indifférent ou intolérant lors des contacts en liberté). De plus le fait d’être en laisse accentue/décuple ses réactions.
  • Test possible : L’animal refuse les récompenses ou de jouer. Parfois il peut tout de même prendre la friandise mais ses oreilles sont dirigées vers l’arrière pour vérifier qu’il n’y a pas de danger.

La frustration

  • Manque de socialisation
  • Génétique
  • Manque d’auto-contrôle

Comment reconnaitre ce type de réactivité ? (Cette liste est non exhaustive)

  • Langage corporel : corps beaucoup plus souple, moins de tension au niveau de la gueule et du visage. Le chien peut faire des bons en l’air, se dresser sur ses deux pattes arrières. La queue fait de grands battements. Le chien jappe de manière beaucoup plus aiguë. Il cesse de « pleurer » dès lors qu’il obtient ce qu’il souhaite.
  • Situation type : Il aime et cherche les contacts sociaux mais éprouve parfois beaucoup de difficultés à les appréhender de manière positive au vue de son approche. De plus le chien frustré va chercher à gagner de la proximité, contrairement au chien qui a peur et qui souhaite mettre de la distance.
  •  Situation à risque : Il s’agit souvent d’un chien qui ne communique pas bien avec les autres (exubérant, impoli). Ce type de réactivité se change alors très souvent en peur avec le temps, car le chien multiplie les mauvaises expériences.

La prédation

Cette dernière peut être due à :

  • Un manque de socialisation envers les espèces « amies »* (*chien qui n’a jamais rencontré de chats, d’écureuils, ou autres… )
  • La génétique
  • Un manque d’auto-contrôles

Les symptômes sont en fait ceux de la frustration sauf qu’ici il s’agit d’un patron moteur inné, auquel le chien ne peut que succomber.
Tous les chiens ont le patron moteur de prédation.  Mais chez certains types de chien il est incomplet. Ils n’ont pas tous la même chaine de prédation.

Cette chaine de prédation dispose de huit étapes : scanner l’environnement – percevoir –  espionner – poursuivre (souvent ça s’arrête là) – attraper – tuer – disséquer – manger
Certains chiens peuvent avoir le bout de certaines chaines (ex : chien qui ne court pas après les balles, mais adore les disséquer) et que sur certains déclencheurs (ex : chien qui détruit les peluches, mais qui ne va jamais tuer et déchiqueter un autre animal.)

Comment reconnait-on ce type de réactivité ? (Cette liste est non exhaustive)

  • Langage corporel : Chien qui se met à l’arrêt, truffe constamment à terre et se laisse diriger par elle. Jappements très aiguës (voir roques, parce que ça mène à la colère), queue et corps très souples.
  • Situation type : Le chien finit par être promené en longe et n’est plus détaché. Lorsqu’il l’est, et si la réactivité n’a pas été travaillée convenablement, c’est un chien qui disparait régulièrement du champ de vision de son propriétaire et revient vers l’humain une fois qu’il n’a plus de (ou a perdu la) piste.
  • Situation à risque : À moins de chance de devenir de la peur avec le temps, mais le chien peut se mettre dans des situations très dangereuses, pour lui, les autres animaux, et les autres usagers des forêts.

La puberté (pas nécessairement une cause, mais va jouer un rôle)

Je ne vais pas détailler ce passage comme les deux précédents, car le sujet est plus complexe.

Toutefois, lors de la puberté, on remarque une augmentation du niveau d’énergie, du niveau de cortisol chez le chien.
Tous les traits reliés aux tendances génétiques vont s’exprimer, ou s’exprimer plus intensément.
Les chiens vont aussi réduire leur cercle social : réagir à certains chiens, et être très biens avec d’autres.
La fin des « surprises » comportementales apparaît vers l’âge de 3ans.

Cette réactivité peut donc n’être que passagère, mais il ne faut pas pour autant négliger le travail de socialisation et des auto contrôles qui seront une aide supplémentaire et non négligeable pour notre jeune chien !

Merci de nous avoir lu ! 😀

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à commenter et à le partager ! 🙂

On se retrouve demain pour la suite :
Le chien réactif #2 – Améliorer son quotidien à la maison

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4 Commentaires

  1. Catherine dit :

    Bonjour ! Mon jeune chien de 8 mois est exubérant lorsqu’il rencontre d’autres chien. C’est un Whippet.S’il se fait rabrouer il cesse d’importuner l’autre. Mais son premier réflèxe est toujours d’inviter l’autre chien au jeu. Et quand il joue, de courir à fond. Quand il est avec d’autres lévriers, ce type de jeux ne pose aucun problème. Cependant cela peut énerver les autres chiens qui soit tente de le poursuivre et le mordre. Soit cherche à le monter, le chevaucher, ou le contrôler lorsqu’il joue. Avez-vous des conseils à me donner compte tenu des spécificités de mon chiot ?
    Je précise qu’il obéit très bien. A un excellent rappel même lancé sur gibier. Qu’il ne protège aucune ressource bien au contraire il partage tout ……… C’est juste que ces jeux ne me semblent pas compris des autres chiens. Et que lui non plus ne comprends pas les réactions des autres chiens qui veulent l’agresser ou le contrôler quand il joue.
    Dois-je intervenir et de quelle façon ?
    Avez-vous des articles sur le sujet ?
    Merci beaucoup 🙂

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  2. Bonjour Catherine et merci pour votre commentaire !

    Déjà bravo pour toute l’éducation que vous avez mise en place sur votre jeune chien ! Vous pouvez être très fière de vous ! Peu de lévrier peuvent prétendre avoir un bon rappel du fait du manque d’investissement de leurs propriétaires, et ce d’autant plus sur gibier !

    Avez-vous lu la suite de notre série d’articles sur la réactivité? Car les deux autres écrits pourraient vous aider à apaiser votre jeune whippet :

    https://gameofdog.com/2019/03/02/le-chien-reactif-2-ameliorer-son-quotidien-a-la-maison/

    https://gameofdog.com/2019/03/03/le-chien-reactif-3-gerer-les-sorties/

    Dans le cas de votre jeune lévrier je vous conseille effectivement de plus « l’accompagner » dans ses rencontres canines, ce qui implique de :
    – le garder en laisse (ou éventuellement en longe)
    – de faire tout un travail sur le calme en présence d’autres chiens (cet article pourrait vous aiguiller sur la marche à suivre): https://gameofdog.com/2019/01/13/premier-article-de-blog/)
    – en balade renforcer à fond le fait qu’il ne se « déclenche pas » dans le jeu et interrompez de suite, par le biais du rappel, les moments où il invite les copains.
    – ne le détacher et l’autoriser à jouer par un signal « go play » qu’une fois qu’il vous a offert le calme et que vous êtes sûre que le chien en face est tolérant et consentant.

    L’objectif n’est bien entendu pas de l’empêcher de jouer avec les autres, mais de lui apprendre à maitriser ses émotions et son enthousiaste, afin d’éviter qu’il ne vive une mauvaise expérience suite à un chien qui n’aurait pas apprécié son approche.

    J’espère vous avoir aidé 🙂

    Belle fin de semaine à vous !
    Amélie

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