Le chien réactif #2 – Améliorer son quotidien à la maison

Maintenant que nous avons mieux compris les possibles origines de la réactivité de notre chien, voyons ce que nous pouvons déjà tenter de mettre en place, au quotidien, chez nous, pour améliorer ses conditions de vie 🙂

Cette liste de conseils n’est bien entendu pas exhaustive et nous vous conseillons de vous tourner vers un professionnel en éducation moderne si vous rencontrez des difficultés.

Commençons par l’humain !

La vie avec un chien considéré comme réactif est rarement facile.

Tout d’abord parce qu’on ne comprend pas toujours son animal. Mais surtout parce que le regard des autres est souvent pesant et qu’il est compliqué à affronter.

Il y a les autres promeneurs qui nous jettent des regards noirs, et qui n’hésitent pas à nous faire part de leur opinion : « bah dis donc, il est méchant votre chien ! », ou sur notre manière de l’éduquer : « soyez plus ferme voyons! Vous ne vous faîtes pas respecter ».

De plus nous recevons des conseils de toute part et malheureusement personne (ou très peu de gens) ne s’imagine que nous travaillons probablement à la rééducation de notre chien depuis des mois et qu’il a déjà fait d’énormes progrès !

Faire un état des lieux… Positif !

Listons d’abord l’ensemble des choses que nous aimons chez notre chien. Même celles qui nous apparaissent les plus futiles, sont en réalité essentielles et nous permettent de porter un regard encore plus bienveillant sur notre compagnon !

Cessons de culpabiliser à outrance. Nous avons fait des erreurs ? Oui et vous savez quoi? Nous allons en faire encore ! C’est ainsi que nous apprenons. N’ajoutons donc pas plus d’inconfort à la situation que nous vivons déjà. Nous n’avons parfois pas la possibilité de faire autrement (ex : mettre plus de distance lorsqu’un chien déboule sur le trottoir d’en face) et ça n’est pas toujours si grave si notre chien se déclenche. L’important est que nous soyons conscients qu’il faut que ce genre d’épisode diminue drastiquement et que nous fassions le nécessaire pour que cela ne se reproduise plus (ou en tout cas le moins possible).

Changeons votre manière de penser ; plutôt que de dire «Je n’aime pas telle chose chez mon chien» préférons «Je dois plus travailler tel comportement». En effet, nous devons toujours essayer de regarder le comportement d’un chien de manière objective. Lorsque nous faisons cela, nous réalisons que le chien a été « configuré » pour agir en fonction des informations qu’il a reçues de l’environnement, de son maître, mais aussi de répondre à son bagage génétique et aux antécédents qu’il a vécu. Les chiens ne peuvent donc que se comporter… Comme des chiens! Aussi, au lieu d’être injustes et de les punir d’agir de la sorte, nous pouvons modifier leur comportement en les éduquant.

Mais n’attendons pas que les choses changent d’elles mêmes ! L’espoir n’a jamais éduqué un chien. C’est donc à nous de travailler entre chaque séance. C’est à nous de faire l’effort, de nous montrer cohérent, rigoureux et constant chaque jour de la semaine.

Posons nous des questions, renseignons-nous ! Quand nous sommes confrontés à un problème, quelle que soit sa nature (comportement, santé, performance), il faut d’abord se demander pourquoi il surgit.
Et si l’on rencontre des explications peu communes, voire même surprenantes, ne nous fermons pas ! Car face à cet angle de réflexion nouveau, on obtient des solutions nouvelles et différentes. Parfois, cela nous fait un peu peur et ça nous demande de sortir de notre zone de confort, mais les résultats sont parfois salvateurs !

Faisons le point sur ce que notre chien est aujourd’hui capable de faire. Nous oublions trop souvent de regarder derrière notre épaule pour constater le chemin que nous avons parcouru. Et même si nous avons le sentiment de ne pas avoir beaucoup avancé, gardons en tête que chaque pas compte!

Et puisque nous sommes responsables de notre apprentissage : fêtons chaque petite victoire ! Félicitons-nous, soyons fiers de nos avancées, même minimes, et surtout ne nous comparons pas aux autres, mais à la personne que nous étions avant !

Hiérarchisons les priorités

Avez-vous pensé à la médication ?

Cynthia Edelman, l’excellente éducatrice de Magic Clicker disait hier encore autour d’un échange sur la médication :

« Je pense que, souvent, les gens minimisent la douleur émotionnelle (à savoir la peur, l’anxiété) et ils ont tort… Personne ne tiendrait ce discours à quiconque a un chien diabétique ou épileptique (genre « c’est pas juste de le bourrer de médicaments »), le chien a une maladie, on le soigne. 

D’autres se trimbalent, en stage, en cours, des chiens littéralement terrorisés « il va s’habituer » (et non, il ne va pas s’habituer ou très rarement), si le même chien avait 40 de fièvre, tout le monde pousserait de haut cris à la maltraitance (justement). 

On oublie que, avant de mettre en place des apprentissages, il faut enlever cette souffrance qui est largement aussi douloureuse qu’une souffrance physique. »

Alors n’hésitons pas une seule seconde à consulter notre vétérinaire, un comportementaliste et un éducateur pour améliorer la vie de notre chien. Car un chien stressé (et donc en souffrance), ne peut de toute manière pas apprendre !

Être un bon propriétaire n’est pas toujours ce que l’on croit

Comme on cherche absolument à être un bon propriétaire et donc à répondre aux besoins de notre chien, nous mettons tout en oeuvre pour aller le promener dans des zones que l’on estime « safe », où il nous est possible d’avoir une visibilité large et de rencontrer le moins de monde possible, etc. Très vite les sorties avec notre toutou deviennent épuisantes.

Pourtant dans toute rééducation à la réactivité notre objectif principal est d’éviter que notre chien se déclenche. Car à chaque fois que le chien réagit, il a plus de chance de se déclencher à l’avenir.

Abandonnons donc très vite l’idée du « test », du style : « tiens si aujourd’hui j’essayais cette balade collective », ou « tiens si aujourd’hui je lâchais mon chien en forêt », « tiens si aujourd’hui je voyais comme il réagit lorsque des invités arrivent ».
Je sais que c’est tentant, surtout quand on commence à voir les progrès apparaitre, mais si on ne peut pas « parier un minimum d’argent » que notre chien ne se déclenchera pas, alors il vaut mieux éviter de créer cette situation.

Mais alors comment dépensons-nous notre chien ? En le promenant, oui, mais pas nécessairement pendant deux heures.

Et oui, même s’il s’agit d’un chien « high drive », de sport, ou de travail, notre chien peut très bien vivre avec juste quelques sorties de dix minutes par jours, SI (et seulement si!) vous lui procurez d’autres activités mentales, qui le stimuleront de manière bien plus bénéfique que de longues promenades, qui seront souvent source de stress pour vous deux.

Quelles activités sont à préconiser?

Ces trois activités sont basées sur l’olfaction. C’est un excellent moyen pour dépenser vos chiens intellectuellement et en plus elles aident les chiens à s’apaiser, car elles nécessitent toutes leur concentration. Elles diminuent le stress de votre chien, favorise un sommeil réparateur et bien entendu lui apprennent à mieux gérer sa frustration.

Alors plus de gamelle ! Tout doit passer dans ce genre de jeux en « solitaire », ou dans des jeux éducatifs à réaliser avec l’humain, dont nous allons parler maintenant !

L’éducation commence à la maison

Chez Game of Dog nous n’envisageons pas l’éducation comme une série d’exercices à réaliser à la chaine, mais nous souhaitons plutôt transmettre des concepts au chien. Ces derniers lui permettrons de mieux s’adapter à notre monde (un peu fou) d’humain.
Il s’agit des 4 C : Confiance – Connexion – Communication – Coopération
Ils sont intimement liés et interdépendants (ex : si vous n’avez pas de connexion, c’est parce que vous avez un problème au niveau de la confiance, etc..).
Chaque concept dispose bien entendu de plusieurs jeux pour s’adapter à chaque couple chien/humain (ses besoins, le niveau d’exigence, etc..).

La confiance

Nous avons déjà rédiger tout un article sur la mise en place du calme à la maison, que nous vous invitons vivement à consulter si ça n’est pas déjà fait 🙂
Généralement nous conseillons au propriétaire de ne renforcer QUE ce genre de comportement (en plus des activités pré-cités) pendant au moins une semaine et demi. Puis de continuer à suivre ce protocole tout au long de la vie du chien, en espaçant bien entendu de plus en plus longtemps les récompenses.
En parallèle nous faisons une pause complète dans les autres activités sportives et de loisir que nous pouvons pratiquer. Aussi nous évitons de travailler sur des comportements qui rendent le chien trop excité. Une pause d’agility, de canicross, de flyball, etc.. de plus d’une semaine pour voir si le chien semble plus apaisé, est une piste intéréssante à explorer. Car un stress, même « positif », a des conséquences sur l’organisme.

La connexion

La connexion signifie « focus« . C’est l’attention que nous porte notre chien. C’est un concept essentiel à mettre en place pour pouvoir prévenir, interrompre et rediriger notre chien dans des situations où il est probable qu’il se déclenche.

Aujourd’hui nous vous proposons un jeu très simple pour améliorer le concept de la Connexion : le jeu du prénom.

Le jeu du prénom : Préparez cinq récompenses de moyenne valeur (ses croquettes par exemple) et cinq récompenses de fortes valeurs (ex : des dés de jambon). Placez les cinq premières récompenses dans une de vos mains, les autres dans votre pochette. Dîtes à votre chien « search », « cherche » ou « get-it » puis lancez une friandise de moyenne valeur dans la direction opposée à vous. Cela va inciter votre chien à se mettre dos à vous. Juste avant qu’il ne se retourne dans votre direction, dîtes son nom et récompensez le avec un meilleure friandise. Recommencez jusqu’à épuisement de votre stock de récompenses.

Faites ces exercices à plusieurs reprises tout au long de la journée. Essayez d’inviter votre chien à ce jeu seulement lorsqu’il s’est montré calme. Ainsi il fera très rapidement le lien « je suis calme -> mon humain joue avec moi« . Veilliez à ce que votre chien ne monte pas trop fort en excitation et/ou redescendre bien juste après (massage/snuffle, etc..).

La communication

Si notre chien aime être touché, nous pouvons pratiquer des massages sur lui, en appliquant des pressions lentes et douces sur lui, tout en veillant toujours à ce qu’il soit d’accord.

Nous pouvons aussi commencer tout un travail de contre-conditionnement, à savoir renforcer le chien dès que nous le touchons. Ces jeux renforceront sa confiance en nous et en lui et l’aideront à se détendre dès qu’il sera amené à être manipulé. Les exercices de proprioception sont aussi très intéressants à developper !

La coopération

Coopération = Action de participer (avec une ou plusieurs personnes) à une œuvre ou à une action commune.

Très souvent les chiens doivent choisir entre deux actions : l’une des deux étant celle que nous voulons que le chien fasse et l’autre étant celle que le chien veut faire. 

Allé, petit florilège d’exemples :

  • Rester au pied VS courir après les oiseaux
  • Rester assis VS sauter sur les gens
  • Vous regarder VS aboyer sur le chien qui passe à côté

Vous le constater vous même, dans ce genre de contexte il est rare que le chien souhaite « participer à une action commune ». Heureusement nous pouvons l’y inviter!
L’idée est que « ce que nous voulons » soit plus facile à faire, que « ce que le chien », lui a en tête. Autrement dit, on laisse le choix au chien, mais avec peu de chance qu’il se trompe.

C’est donc toute une nouvelle manière de faire qui s’offre à nous et notre chien, celle du « c’est ton choix« , développée par Susan Garrett.
Nous allons créer tout un tas de situations dans lesquelles notre chien pourra nous choisir (et recevoir une récompense importante), ou choisir son environnement (mais où il finit par ne pas pouvoir en profiter).
Nous nous retrouvons alors avec un chien qui a beaucoup plus de facilité à nous choisir que l’environnement lui même, car le « bon » parcours est maintenant plus fort que le « mauvais »

C’est donc dans ce concept de la Coopération que les jeux (d’auto-)contrôle prennent tout leur sens !

Aujourd’hui nous vous proposons l’un des premiers jeux pour mettre en place ce concept : le jeu de la main.

Le codage est le suivant :
– Main ouverte avec l’objet de désir du chien 👋= le chien est sur la bonne voie, il peut continuer ce qu’il fait (ça peut être n’importe quelle action !). 
– Main fermée et donc accès à l’objet de désir retiré 👊 = oups ce n’est pas ça que je veux. 

⚠️La main doit être à la hauteur, voir plus basse, que la tête du chien. l’objectif est de lui donner la possibilité d’exercer ce que l’on considérerait comme des mauvais comportements (s’approcher de la main, la lécher, etc…) pour qu’il se rende compte, de lui même, que ces derniers ne lui apportent rien. 
Il faut aussi bien faire attention à donner la friandise au chien avec l’autre main et non la lancer par terre comme on le voit souvent. En effet, le chien doit aussi apprendre à laisser la friandise venir vers lui. Ce n’est donc pas parce qu’une des mains à pris une friandise qu’il peut avancer son museau pour la prendre. 

Merci de nous avoir lu ! 🙂

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à commenter et à le partager !  😀

On se retrouve demain pour la dernière partie :
Le chien réactif #3 – Gérer les sorties

8 Commentaires

  1. Iza dit :

    Très intéressant, je me rends compte que j’ai mis en place des choses naturellement, calme, massage, etc il me reste à faire les exercices. Cependant, il ne faut pas oublier le facteur temps, prendre son temps avec son chien est probablement gage de réussite.
    Merci pour ce trésor d’information.

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    • Merci pour votre commentaire Iza, qui nous motive à vous offrir encore plus de contenu ! 😀

      Effectivement nous n’avons pas mentionné l’importance du temps, alors que comme vous le dites, et comme l’affirmait Plaute : « Le meilleur remède pour tous les problèmes, c’est la patience. » 🙂

      À très bientôt et bonne continuation !

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  2. Loulou dit :

    J’ai pas trop compris le « c’est ton choix »…
    mais super articles ! Utiles pour moi… mélange d’adolescence et de frustration 😕

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    • Bonjour Loulou,
      Nous préparons un article autour du « c’est ton choix » qui est effectivement compliqué à cerné étant donné qu’il s’agit d’une vraie « philosophie » plus qu’une technique ou un simple exercice 😉
      Merci pour votre retour! 🙂

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  1. […] On se retrouve demain pour la suite : Le chien réactif #2 – Améliorer son quotidien à la maison […]

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  2. […] Le chien réactif #2 – Améliorer son quotidien à la maison […]

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  3. […] le temps de capter son attention dans cette situation d’urgence. Et surtout je me serai bien mieux préparer en amont pour faire face à ce genre de situation en jouant à plusieurs jeux : comme celui du […]

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  4. […] prévoyez suffisamment d’exercices et de stimulation mentale. Le deuxième article sur le chien dit réactif contient pas mal d’astuces pour améliorer le quotidien de votre chien en lui proposant des […]

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